Le Blog de Jean Métellus

 

lundi 12 mai 2008

Pour Jean-Claude Charles

Pour Jean-Claude Charles, malheureusement disparu le 7 mai 2008

Je connaissais Jean-Claude Charles depuis environ 20 ans. Un matin, il est venu me voir à l’hôpital où j’exerçais et ce fut le début d’une longue amitié. Combien d’après-midi, n’avons-nous pas passés à refaire l’histoire d’Haïti, à évoquer nos grands aînés ?

Très reconnaissant envers l’instruction reçue en Haïti, chaque fois qu’il réalisait une prouesse stylistique ou même se mettait à ponctuer un texte, il aimait rappeler que c’était grâce à l’enseignement de Pradel Pompilus, son ancien professeur de lettres. Fin connaisseur de la littérature haïtienne, il a beaucoup contribué à sa diffusion, ainsi il a participé au numéro de la revue Sapriphage qui lui était consacré.

Généreux, il se réjouissait sans arrière-pensée des succès de ses compatriotes et, dans la mesure de ses possibilités, s’essayait à les faire connaître. En janvier 2007, il m’a fait l’honneur et le plaisir d’être le maître d’œuvre d’une soirée consacrée à mes écrits : c’était son idée et, quoique paraissant parfois bien éloigné des contingences pratiques, il a su se montrer un organisateur et un meneur de jeu hors pair.

Primesautier, toujours d’une véritable élégance morale et intellectuelle, il savait jeter un regard lucide sur les événements, sur sa propre vie. Jusqu’à la fin, il a fait preuve d’un humour discret ; ainsi, trois jours avant sa mort, alors que je bavardais avec lui à l’hôpital, il m’a dit, en souriant " comment peux-tu être là, ce n’est pas l’heure des visites ", en effet, c’était le matin et j’avais argué de ma qualité de médecin pour pouvoir le voir.

Jean-Claude nous a quittés, mais nous restent son regard pétillant, sa chaleur communicative, sa capacité d’enthousiasme et ses poèmes, articles, romans, essais, films, scénarii.

C’est un écrivain et un homme de très grande valeur que le pays vient de perdre


Jean Métellus

lundi 5 mai 2008

Visages de Femmes

Fin avril 2008, après la parution en février du recueil de poèmes Eléments aux Editions de Janus, dans la collection Fiction et Témoignage, Le temps des CeRISes publie : Visages de Femmes. Dans la ligné de Voix nègres, voix rebelles, voix fraternelles, ces vers poursuivent l'épopée en poèmes de grandes figures de la lutte pour lémancipation humaine. Au programme :

  • Flora Tristan
  • Louise Michel
  • Rosa Luxemburg
  • Joséphine Baker
  • Rosa Parks
  • Angela Davis
  • Marie-Jeanne de Lamartinière
  • Claire-Heureuse
  • Catherine Flon
  • Défilée la folle
  • Lumane Casimir.

jeudi 14 février 2008

Eléments

Parution en février 2008 d'un nouveau recueil de poésie de Jean Métellus, toujours le thème des Eléments, mais dans une édition classique après :

  • Alliance autour des 4 éléments qui couplait polaroïd de Guillemette Bonvoisin et textes de Jean Métellus
  • Empreintes : poèmes et Eaux Fortes originales d'Annie Rosès.

Editions de Janus, collection Fiction et Témoignage, la quatrième de couverture est signée Claude Mouchard (les premières lignes) :

Des quatre éléments - air, terre, eau, feu -, Jean Métellus fait ici le sujet de quatre grands poèmes. C'est une décision poétique simple, et merveilleusement féconde. Une scintillante cosmologie se déploie dans ces vers, tout autre que celle de la science moderne (que, par ailleurs, Métellus, médecin, est loin d'ignorer). (...)

C'est le quatrième recueil de poésies de Jean Métellus paru aux éditions de Janus (après Les dieux pèlerins, Voyance et autres poèmes, Jacmel toujours - édition français-espagnol)

Agenda 2008

Publications

  • Janvier 2008 : Eléments - recueil de poèmes paru en février 2008 aux Editions de Janus, collection Fiction & Témoignage
  • Mai 2008 : Visages de femmes - recueil de poèmes paru en Avril 2008 aux Edition Les Temps des Cerises.

Présentations et dédicaces

02 Février à Tournefeuille (31)

04 mars : Auxerre (89000)

  • 15h30 Rencontre avec des élèves du Lycée Vauban, (22 rue Faidherbe)
  • 19h Rencontre à la Bibliothèque municipale d’Auxerre, rue d’Ardillière

Ces deux rencontres sont organisées par l’association La Soie des Vers (4 rue Bercier 89000 Auxerre)

25 mars

Rencontres avec des élèves du Lycée François Rabelais à Fontenay-le-Comte 85200

29 mars : La Quinzaine d’Haïti à Creil (60)

A 15h Médiathèque de Creil (1, allée Nelson) : "regards sur Haïti" organisé par l'association AFHSEC

AFHSEC : Association franco-haïtienne de solidarité et d’échanges culturels

29 avril : Mardis Littéraires de Jean-Lou Guérin

Le Mardi 29 Avril à 20h30, présenté par Jacques Astruc, Écrivain, Jean MÉTELLUS lira ses poèmes avec Patrice Bouret, Comédien, Au Café de la Mairie Place Saint-Sulpice 75006 Paris.

Jury / remises de prix

5 mars : Remise du Prix caraïbe

Salons Boffrand du Sénat 31 ter rue de Vaugirard 75006 Paris

19 juin : remise des prix de la cinquième édition du Concours international des 10 mots de la francophonie

Membre du jury - Hôtel de Lassay. Paris.

mardi 18 décembre 2007

Haïti : un peuple de peintres

« Un peuple de peintre », chapitre de Haïti une nation pathétique (A l’appel des couleurs) de Jean Métellus.

Extrait (Partie 3 « Vie culturelle », chapitre 2 « Un peuple de peintres »)

Emerveillé par la production picturale haïtienne, Malraux, encore lui, s’interrogeait à haute voix devant Jean-Marie Drot sur l’origine de cette créativité : « Les toiles d’Haïti nous posent une énigme. Car l’Afrique qui les inspire évidemment - et cela est particulièrement frappant avec Saint-Brice - n’a pas de peinture. Mais, il est vrai aussi que le chant noir qui a bouleversé le monde, le blues, lui non plus n’est pas né en Afrique, mais de la complainte des esclaves. Pourquoi la couleur surgit-elle, tout à coup, en Haïti plutôt qu’en toute autre île des Antilles ? »

Et Anatole Jakovsky, donateur du musé international d’Art naïf, répond : « Elémentaire ..., puisque effectivement, de tous les pays noirs du Vieux et du Nouveau Monde, Haïti fut le premier à avoir une culture propre, pour ne pas dire nationale, et ce, depuis la capitulation de la garnison française survenue en 1803, lorsque les troupes des généraux Dessalines et Christophe, aidés par le mulâtre Pétion, ont anéanti la résistance française et proclamèrent l’indépendance de l’île ; ceci le 1er janvier 1804, pour être précis. »

Toute cette moisson d’images des « Saint-Soleil » est extérieure à la peinture naïve. Elle sort directement d’Hyppolite, de Saint-Brice, bref de la peinture vaudou.

André Malraux - Voyage au pays de naïfs, Hatier

Le tableau ci-dessus (G. Auguste, l'un des peintres qui ont marqué Malraux) a été offert à Jean Métellus par un grand jacmelien porté disparu : Aubelin Jolicoeur.

dimanche 25 novembre 2007

Spécial dyslexie : interview de Jean Métellus

Le magazine Santé Magazine a sorti un hors-série sur le thème de la dyslexie : Spécial dyslexie.

Jean Métellus : "L'histoire du langage, c'est l'histoire de ma vie"

Vous trouverez en particulier deux interviews :

  • "La dyslexie n'est pas une tare" - Entretien avec Jean Métellus
  • "J'ai voulu une méthode vraiment efficace" - Propos de Béatrice Sauvageot au sujet de la bilexie et de sa méthode : sensonaime.

Rééducation, dyslexie et bilexie :
Les ouvrages de la méthode "Sensonaime"
Autres ouvrage autour de la dyslexie :
La boutique de la dyslexie et de la bilexie

vendredi 26 octobre 2007

Louis Armstrong

Recouds, reprise les saisons déchirées
Lacère la nuit et délie l’aurore
Caresse l’immensité de ta voix sans frontière

Le ciel s’est dévêtu
Le firmament est vierge
Le monde, désespérément noué
Attend un sanctificateur

Et le cauchemar d’Armstrong au sortir de ce songe
S’est dérobé sous l’haleine vive de l’espoir

Ses vœux se sont mariés aux mots
Ils ont enfantés
Dans la chamade du siècle
Dans le tonnerre et dans le sang

Malgré les vents adverses
Dans les entrailles de la fureur
Malgré les flammes, la fumée et la peur
Malgré les souffles de terreur
Ils ont enfanté
Un homme éprouvé par le fer et le feu
Attentif aux fêlures du silence
Qui dépose sa voix sur toutes les déchirures

Assiège l’écorce de l’amertume
Et apaise la démangeaison de jours

La voix d’Armstrong, vivante dans nos cœurs
Ranime les cendres
Et sa trompette
Éparpillant des escarbilles
Délie nos prières

Ô sa bouche robuste et crue
Comme une aube inviolée
Ô ses lèvres possédées
Chair martyrisée

Extrait (les premiers couplets) du poème de Jean Métellus : Armstrong (1900 - 1971) publié dans le recueil Voix nègres, voix rebelles, Éditions Le Temps des Cerises.

Pour toute la poésie de Jean Métellus.

jeudi 11 octobre 2007

L'enfant noir et une école haïtienne


Un enfant noir contre la nature a mille ressources, dans sa lutte contre les saisons plus d’un atout, dans sa façon d’aspirer toute la vie qui naît du majestueux soleil, de tous les rocs polaires, une force, une joie, un appétit, une coquetterie qui fait pâlir la lionne fantaisie de la forêt abritant de frêles arbres.

L’enfant noir crie quand vient tomber sur sa peau douce et pure comme l’eau de la source que les rocs ont filtrée le jour qu’un horloger avare distribue en compte-gouttes.

L’enfant noir crie et demande que son corps, le diamant de sa peau qui illumine ses nuits se substitue au soleil inconstant.

L’enfant noir demande que sa peau plus riche qu’un ciel de fête de Noël ne prenne la direction d’un monde enténébré par la fumée qui monte des couches de l’or.

C’est pour cela que de tout temps rit l’enfant noir.
C’est l’argument de son sourire, la source inépuisable de la plus grande bonté, quelque chose qui ressemble à la racine même de la vie.
Ni vouloir de dominateur. Ni soin calculé de charmer. Ni stupide besoin d’amuser.

L’enfant noir rit avec ses pores au moment ou s’annonce l’aurore.

(......)

  • Anthologie de la poésie française du XXe siècle, nrf, Poésie / Gallimard
  • Au pipirite chantant et autres poèmes, Maurice Nadeau 1978 - réédition 1995

Jean Métellus : L'enfant noir

Pour plus de peinture naïve haïtienne, visitez le blog : La peinture naïve haïtienne.

vendredi 21 septembre 2007

Angela Davis

(...)

Même si nous devons gravir des escaliers de feu aux rampes brûlantes

Nous luttons pour un monde de progrès

Pour les droits des femmes

Contre les jugements iniques

Contre la peine de mort

Pour un monde de paix

Où l’homme ne sera plus un loup pour l’homme

Où chaque être humain regardera son voisin en ami

Où chaque enfant connaîtra le bonheur, l’amour et la connaissance

Jean Métellus

Extrait d'un poème encore inédit en hommage à Angela Davis, les 9 derniers vers. Ce poème a été lu par l'auteur lors de l'inauguration de l'école Angela Davis d'Aubervillers le 22 septembre 2007.

Cet extrait a été publié sur le blog : Grandes Figures.

lundi 25 juin 2007

La Société des Gens de Lettre remet Le Grand Prix de Poésie 2007 pour l'ensemble de son œuvre à Jean Métellus

Le discours de Sylvestre Clancier, le 7 juin 2007 à La Société des Gens de Lettres

Si, l'an passé, à l'occasion de l'anniversaire du centenaire de la naissance de Senghor, les fondateurs de La Nouvelle Pléiade ont décerné le Grand Prix International de Poésie de langue française Léopold Sédar Senghor, à Jean Métellus, c'est parce qu'ils savaient que cet immense poète avait, mieux que quiconque, repris à travers son œuvre le flambeau de la défense et de l'illustration de la langue française de leurs illustres prédécesseurs de la Pléiade à qui rien de ce qui touche à l'humaine condition n'était étranger et parce qu'ils savaient également qu'à leur manière Senghor, Césaire et Damas avaient déjà repris ce flambeau en défendant à travers leurs œuvres écrites en français, le concept de négritude.

Si, aujourd'hui, nous honorons à la Société des Gens de Lettres le poète Jean Métellus, en lui décernant notre Grand Prix de Poésie pour l'ensemble de son œuvre, à l'occasion de la parution au Temps des Cerises d'une édition augmentée de Voix nègres, Voix rebelles, Voix fraternelles et d'un nouveau recueil, La Peau et autres poèmes, paru chez Seghers, c'est parce que depuis la publication remarquée de Au pipirite chantant dans Les Lettres nouvelles, chez Nadeau; jusqu'à aujourd'hui, il a su magnifier le rôle de chantre du poète qui est là pour sacrer le monde et l'homme, le défendre contre les injustices, l'honorer de son regard et de sa voix, et redonner, comme le voulait Mallarmé, un son plus pur aux mots de la tribu.

Nous savons bien que chaque langue est riche de sa diversité et des cultures qui l'ont en partage et c'est cela notamment qu'illustre de façon admirable la poésie de Jean Métellus qui pense, comme nous-mêmes, que la poésie est une couleur dans la nuit, plus que jamais nécessaire à l'heure de la mondialisation des biens et des ressources, mais aussi des consciences. Pour Jean Métellus, l'homme, ou plutôt l'humain, adviendra un jour, s'il accepte de reconnaître que l'autre est lui-même, quelles que soient les différences qu'il lui trouve.

Après des poètes comme Senghor, Damas, Césaire ou encore Gaston Miron, poète dans la cité, s'il en fut, et ardent défenseur de l'identité et de la langue française de ses compagnons des Amériques, Métellus, l'Haïtien, adopte la courageuse posture des poètes qui refusent l'inacceptable et la désespérance et qui, debout, parient pour demain et s'insurgent.

Oui, Jean Métellus est de ces poètes qui vont « au rendez-vous de l'espérance » et qui, en marchant ainsi vers l'humain, nous sauvent.

Depuis qu'il s'est fait connaître en publiant ses premiers poèmes dans la revue de Maurice Nadeau, il n'a cessé, par la force et la beauté de son verbe inspiré, qu'il s'agisse de sa prose ou de sa poésie, de se montrer le digne successeur des chantres de la négritude.

Faut-il rappeler l'importance de son œuvre qui compte une vingtaine de romans et essais dont pour ne citer que les plus célèbres, Jacmel au Crépuscule, La Famille Vortex, La Parole Prisonnière, L'Année Dessalines, Les Cacos, romans publiés aux Editions Gallimard, ou encore L'Archevêque et Toussaint Louverture Le Précurseur, aux éditions Le Temps des Cerises et, côté essais, Haïti, une nation pathétique, chez Denoël.

Une œuvre qui compte également cinq pièces de théâtre et plus de dix recueils de poésie majeurs depuis le très fameux Au pipirite chantant jusqu'à Alliance et Les dieux pèlerins en passant par Hommes de plein vent, Voyance et les recueils précédemment cités.

Nous savons que l'esprit humain s'incarne dans l'âme des poètes qui forment une vaste chaîne entre eux depuis la nuit des temps et s'imprègnent des mots, des rêves et des pensées des uns et des autres. C'était là l'intuition de Jorge Luis Borges et nous la partageons. En fait, Orphée est un, même s'il peut prendre différents visages et s'incarner à travers les siècles dans différentes voix, sa parole est la même, elle est le chant du sacré, le fil qui nous permet d'atteindre l'harmonie secrète, oubliée trop souvent, mais qu'il sait animer comme un souffleur de braises.

Jean Métellus, le poète, retrouve le son juste, le mot unique que l'homme a murmuré à son premier matin, le sourire aux lèvres. Il est le magicien de la langue pourtant si simple qu'il purifie pour nous en faire offrande. Il sait la langue universelle, cette harmonie secrète souvent oubliée par les hommes, mais qui seule peut les réconcilier avec eux-mêmes, la poésie.

A lire et à relire les somptueux poèmes de Jean Métellus, on ne peut que se dire qu'une telle œuvre méritait notre grand prix de poésie.

Sylvestre Clancier ; le 7 juin 2007 à La Société des Gens de Lettres

lundi 21 mai 2007

LES CHIFFRES

Aux Collections Les Océanîles « tout à fait par hasard j’ai rencontré »

Une œuvre de collaboration : textes de Jean Métellus et estampes numériques d’Annie Rosès.

Les CHIFFRES, les premiers vers

Tombé du ciel dans le terreau des besoins quotidiens

Arabe ou Romain
Le chiffre s'épanouit
Colore les projets, stimule la soif
Et dans cet espace brouillé par la passion
Les amateurs d'abstraction, les créateurs de rêves
Ouvrant des brèches, sèment des équations

(…)

ZÉRO, O

J'arrondis tous les comptes
Et simplifie les additions
Facilite les soustractions
Présent à l'orée de chaque jour
Je prouve à minuit, avec assiduité
Quand toutes les heures sont épuisées
Que je suis toujours là
Au départ de chaque énumération
Seul, je ne suis rien, je ne peux rien
Mais précédé d'un chiffre
et suivi de moi-même en quantité
Je peux approcher l'infini
Sans aspérité aucune
Rond comme la lune
Puissant comme le soleil
Symbole du néant et de la nullité
Essentiel à la multiplicité
Consubstantiel à la richesse
J'évoque la cupidité
J'apporte aussi l’humilité
Sacré comme une alliance
L'ignorant ou le lettré
Me dessinent sans peine

lundi 7 mai 2007

Soirée en hommage à Toussaint Louverture (Clichy 92)

Jean Métellus sera présent à la cérémonie officielle de commémoration de l’abolition de l’esclavage organisée le jeudi 10 mai 2007 à 19h à la mairie de Clichy : Hommage à Toussaint Louverture.

  • Projection du Film « Toussaint Louverture, Haïti et la France »
  • Conférence - débat « Toussaint Louverture, sa vie, son oeuvre… » animé par Jean Métellus
  • Exposition en partenariat avec le Conseil des étrangers
  • Danse et chants d’esclaves
  • Collation

Le site de Jean Métellus

mercredi 25 avril 2007

Les 7 péchés capitaux - Livre manuscrit et peint

La collaboration de Jean Métellus avec Anne Slacik a donné naissance en 2006 à un magnifique objet d’art original : il mêle pinceau et poésie. C'est un livre manuscrit peint sur le thème des 7 péchés capitaux. La peinture d’Anne Slacik s’entremêle avec la plume manuscrite de Jean Métellus.

Les exemplaires, tous uniques, sont numérotés et peu nombreux… Avis aux collectionneurs.

mardi 17 avril 2007

Hommage à Lilian Dartiguenave Bordes

Femme, Peintre et Poète

Voilà ce que j’écrivais, il y a plus de dix ans, à propos de Lilian Dartiguenave Bordes, femme, peintre et poète qui vient de disparaître quelques années après son époux, le Docteur Ary Bordes. En relisant aujourd’hui " Les dents du Temps ", un de ses derniers recueils, je pense que la présentation de son œuvre que j’avais donnée en 1993 à la revue " Sapriphage" la dépeint entièrement.

La peinture de Lilian Dartiguenave ne respire au prime abord ni la gaieté, ni l’enthousiasme. Comme sa poésie, son œuvre picturale faite à l’image même des échos du monde, pétrie de nos tourments, de nos angoisses, de la tragédie de la condition humaine. C’est une peinture qui prend acte de la détresse secrétée nuit et jour, dans le corps des enfants, dans les pays en développement et notamment dans cette Haïti de douleur, par les puissances du monde.

Par certains côtés la peinture de Lilian ressemble étonnamment à certaines œuvres de Paul Klee qui exprimait la souffrance avec une telle expressivité qu’il pouvait dire " les tableaux nous regardent ". Certaines toiles de Lilian nous laissent l’impression que c’est nous les spectateurs qui sommes regardés et non l’inverse.

Dans son journal, Paul Klee, encore lui écrit " Ici-bas, je suis insaisissable, car j’habite aussi bien chez les morts que ceux qui ne sont pas encore nés. Un peu plus près du cœur de la création que d’habitude. Et cependant pas encore aussi près qu’il le faudrait ". Cette obsession de trouver, de pénétrer au cœur de l’acte créateur, de dire le monde mais surtout sa douleur pour essayer de la sauver, éclaire les tonalités sourdes, la révolte, mais aussi le chagrin, la mélancolie et les sentiments à coloration triste qui naissent dans la contemplation de telle ou telle réalisation de Lilian.

Si elle exprime aussi nettement la mélancolie, c’est à la fois en raison de la posture des personnages et grâce aux symboles qui accompagnent les attitudes : le port d’un chapeau, la présence d’une fleur, d’un enfant. Cependant les personnages seuls peuvent aussi suggérer cette impression de résignation, d’accablement et de désespoir ; mais ce n’est pas parce qu’on dit ou peint le désespoir ou la folie qu’on est soi-même atteint par l’une ou l’autre affection. Picasso qui n’a jamais été dépressif a pu créer des représentations puissantes et expressives de la souffrance humaine. Il n’est pas question d’interroger la fonction de thérapie ou d’exorcisme de ces figues douloureuses mais on sait que l’œuvre peut aussi faire partie d’un processus défensif et contribuer à aider l’auteur dans ses tentatives de surmonter ses renoncements, ses deuils sans oublier que l’angoisse peut constituer une motivation, une source d’états créatifs en même temps qu’elle peut être une réponse du moi au monde.

Avec une extraordinaire liberté et beaucoup de gravité, Lilian nous propose des tableaux qui évoquent irrésistiblement certaines toiles d’Edward Munch qui a plongé toute sa vie son pinceau dans les couleurs tourmentées des malheurs des hommes de son temps. Quiconque regarde la peinture de Lilian, comprend ses principales interrogations, saisit les scrupules et les doutes de cette femme, se laisse emporter par la tendresse blessée de sa poésie et se trouve en accord avec Maurice Blanchot lorsqu’il écrit " le doute appartient à la certitude poétique…". D’autant plus que la sensibilité exacerbée de cette femme peintre au contact du douloureux quotidien d’un peuple qui souffre dans sa chair, son âme et son espoir maintes fois déçu, possède la vertu singulière de fouetter son verbe de poète ; c’est en effet souvent qu’elle se met à plaider pour la beauté et la dignité humaine, pour le droit aux plaisirs et aux joies de vivre de l’homme, contre la malédiction et la trahison des clercs et aussi pour dire sa confiance dans l’art.

Lilian m’a reçu dans sa maison, je l’ai rencontrée chez Mona Guérin et à l’Institut Français de Port-au-Prince plusieurs fois. Après l’assassinat de son époux, elle s’était comme retirée du monde, plongée dans un désespoir de plus en plus profond.

Je viens de perdre une véritable amie et le pays une grande dame douée d’une extraordinaire sensibilité, d’une vraie capacité d’émotion et d’une générosité sans égale, une artiste authentique, une voix sans concession.

Nous restent ses tableaux, ses poèmes :

   " Et notre emblème-vigie monte la garde
     Cherche et cherche encore cherche
     La clef de nos cœurs … Intraitable
     Elle épie inlassable elle observe
     Tandis que dans le temps qui coule
     Notre drapeau imperturbable
     Notre " Bleu et Rouge " 
     Fier et joyeux 
     Sur les mâts bouge
     Il flotte et patient
     Attend le Temps
     Temps de la durable union "

(Lilian Dartiguenave Bordes in Zizanie N°18-juillet 1993 Revue " Sapriphage ")

Jean Métellus

Ce texte est paru dans le journal haïtien Le Matin à l'occasion du décès de Madame Lilian Dartiguenave Bordes

Cliquez ici pour lire un extrait poétique de Lilian Dartiguenave.

jeudi 5 avril 2007

L'anthologie "L'ANNEE POETIQUE 2007"

LA LIBRAIRIE "LA LUCARNE DES ECRIVAINS" et LES EDITIONS SEGHERS

organisent à une soirée autour de l'anthologie "L'ANNEE POETIQUE 2007" le jeudi 5 avril 2007 à 19 h 30 : 115 rue de L'Ourcq, 75019 Paris (Métro Crimée)

Bruno Doucey présentera l'anthologie établie par Jean-Luc Maxence et Patrice Delbourg en présence de plusieurs poètes Jean Métellus mais aussi : Jeanine Baude, Mireille Fargier-Caruso, Amina Saïd, Bernard Ascal, François Debluë, , Etienne Orsini et Matthias Vincenot.