Un enfant noir contre la nature a mille ressources, dans sa lutte contre les saisons plus d’un atout, dans sa façon d’aspirer toute la vie qui naît du majestueux soleil, de tous les rocs polaires, une force, une joie, un appétit, une coquetterie qui fait pâlir la lionne fantaisie de la forêt abritant de frêles arbres.

L’enfant noir crie quand vient tomber sur sa peau douce et pure comme l’eau de la source que les rocs ont filtrée le jour qu’un horloger avare distribue en compte-gouttes.

L’enfant noir crie et demande que son corps, le diamant de sa peau qui illumine ses nuits se substitue au soleil inconstant.

L’enfant noir demande que sa peau plus riche qu’un ciel de fête de Noël ne prenne la direction d’un monde enténébré par la fumée qui monte des couches de l’or.

C’est pour cela que de tout temps rit l’enfant noir.
C’est l’argument de son sourire, la source inépuisable de la plus grande bonté, quelque chose qui ressemble à la racine même de la vie.
Ni vouloir de dominateur. Ni soin calculé de charmer. Ni stupide besoin d’amuser.

L’enfant noir rit avec ses pores au moment ou s’annonce l’aurore.

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  • Anthologie de la poésie française du XXe siècle, nrf, Poésie / Gallimard
  • Au pipirite chantant et autres poèmes, Maurice Nadeau 1978 - réédition 1995

Jean Métellus : L'enfant noir

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