Le Blog de Jean Métellus

 

mardi 18 décembre 2007

Haïti : un peuple de peintres

« Un peuple de peintre », chapitre de Haïti une nation pathétique (A l’appel des couleurs) de Jean Métellus.

Extrait (Partie 3 « Vie culturelle », chapitre 2 « Un peuple de peintres »)

Emerveillé par la production picturale haïtienne, Malraux, encore lui, s’interrogeait à haute voix devant Jean-Marie Drot sur l’origine de cette créativité : « Les toiles d’Haïti nous posent une énigme. Car l’Afrique qui les inspire évidemment - et cela est particulièrement frappant avec Saint-Brice - n’a pas de peinture. Mais, il est vrai aussi que le chant noir qui a bouleversé le monde, le blues, lui non plus n’est pas né en Afrique, mais de la complainte des esclaves. Pourquoi la couleur surgit-elle, tout à coup, en Haïti plutôt qu’en toute autre île des Antilles ? »

Et Anatole Jakovsky, donateur du musé international d’Art naïf, répond : « Elémentaire ..., puisque effectivement, de tous les pays noirs du Vieux et du Nouveau Monde, Haïti fut le premier à avoir une culture propre, pour ne pas dire nationale, et ce, depuis la capitulation de la garnison française survenue en 1803, lorsque les troupes des généraux Dessalines et Christophe, aidés par le mulâtre Pétion, ont anéanti la résistance française et proclamèrent l’indépendance de l’île ; ceci le 1er janvier 1804, pour être précis. »

Toute cette moisson d’images des « Saint-Soleil » est extérieure à la peinture naïve. Elle sort directement d’Hyppolite, de Saint-Brice, bref de la peinture vaudou.

André Malraux - Voyage au pays de naïfs, Hatier

Le tableau ci-dessus (G. Auguste, l'un des peintres qui ont marqué Malraux) a été offert à Jean Métellus par un grand jacmelien porté disparu : Aubelin Jolicoeur.

vendredi 26 octobre 2007

Louis Armstrong

Recouds, reprise les saisons déchirées
Lacère la nuit et délie l’aurore
Caresse l’immensité de ta voix sans frontière

Le ciel s’est dévêtu
Le firmament est vierge
Le monde, désespérément noué
Attend un sanctificateur

Et le cauchemar d’Armstrong au sortir de ce songe
S’est dérobé sous l’haleine vive de l’espoir

Ses vœux se sont mariés aux mots
Ils ont enfantés
Dans la chamade du siècle
Dans le tonnerre et dans le sang

Malgré les vents adverses
Dans les entrailles de la fureur
Malgré les flammes, la fumée et la peur
Malgré les souffles de terreur
Ils ont enfanté
Un homme éprouvé par le fer et le feu
Attentif aux fêlures du silence
Qui dépose sa voix sur toutes les déchirures

Assiège l’écorce de l’amertume
Et apaise la démangeaison de jours

La voix d’Armstrong, vivante dans nos cœurs
Ranime les cendres
Et sa trompette
Éparpillant des escarbilles
Délie nos prières

Ô sa bouche robuste et crue
Comme une aube inviolée
Ô ses lèvres possédées
Chair martyrisée

Extrait (les premiers couplets) du poème de Jean Métellus : Armstrong (1900 - 1971) publié dans le recueil Voix nègres, voix rebelles, Éditions Le Temps des Cerises.

Pour toute la poésie de Jean Métellus.

vendredi 21 septembre 2007

Angela Davis

(...)

Même si nous devons gravir des escaliers de feu aux rampes brûlantes

Nous luttons pour un monde de progrès

Pour les droits des femmes

Contre les jugements iniques

Contre la peine de mort

Pour un monde de paix

Où l’homme ne sera plus un loup pour l’homme

Où chaque être humain regardera son voisin en ami

Où chaque enfant connaîtra le bonheur, l’amour et la connaissance

Jean Métellus

Extrait d'un poème encore inédit en hommage à Angela Davis, les 9 derniers vers. Ce poème a été lu par l'auteur lors de l'inauguration de l'école Angela Davis d'Aubervillers le 22 septembre 2007.

Cet extrait a été publié sur le blog : Grandes Figures.